Page 1 sur 1

J'ai testé pour vous.. Le Team Berreur..

Publié : mer. 15 juil. 2026 21:02
par Arnaud
J'ai testé pour vous...

Vous me connaissez, toujours prêt à rendre service. J'sais plus lequel d'entre vous me demandait l'autre jour ce qu'on pouvait ressentir dans une auto de course, du type de celles qui roulent en Championnat de France de la Montagne. J'avais le choix entre demander à ChatGpT ou tester par moi-même. Pas trop confiance dans les gadgets artificiels..
Ça tombe bien, le Team Berreur Auto Compétition propose des formules découvertes  sur le circuit de Pouilly en Auxois. 

Lundi 13 Juillet 2026. Je suis accueilli par le Team Berreur, une structure très pro qui roule en Championnat de France. Olivier Berreur roule en Renault RS01, et loue d'autres autos, dont les deux monoplaces de type Formule Renault et un prototype Norma M20, bien alignés sur le tarmac du paddock ce matin.
Pour une journée découverte, le tracé de Pouilly est idéal, avec des passages lents, du rapide, et une belle ligne droite, sans toutefois présenter d'obstacles traîtres en cas d'erreur.
 Je vais donc partager le temps de roulage avec une demi-douzaine de comparses aux horizons divers : d'anciens pratiquants de sport auto ou des petits jeunes aux dents longues qui viennent faire du roulage avec le projet de "monter en catégories" pour la saison prochaine.
 Première délicieuse attention, le café de bienvenue, qui accompagne le briefing. Vient ensuite le repérage de la piste avec Olivier Berreur, dans une auto de tourisme. Olivier est précis dans ces explications et ne ménage pas son temps pour détailler les différentes phases pour chaque virage. Il arrête l'auto, place des cônes pour signaler la zone de freinage ou le point de corde.
De son côté, son épouse Emilie et les membres du staff sont d'une bienveillance incroyable avec tout le monde. 

Par obligations professionnelles, je ne suis là que le matin, donc Olivier propose de me faire passer en premier. Il est donc l'heure de ressortir ma combinaison ! Premier constat.. les fibres textiles doivent se réduire avec le temps.. je ne vois pas d'autres explications au fait que je rentre tout juste dedans, sans avoir l'amplitude de mouvements d'un gymnaste affuté. Bien sûr, je réfute l'hypothèse saugrenue d'une légère prise de poids entre aujourd'hui et du temps où j'utilisais plus régulièrement la dite combinaison.  :mrgreen:

Olivier étant parti avec un autre groupe pour la découverte de la piste, me voilà pris en main par Flavien Rognon pour les explications d'une auto qu'il connaît bien : la Formule Renault. Et pour cause, le bonhomme a remporté le Challenge Open 2025 avec, dans le cadre du Championnat de France de la Montagne. Autant dire qu'il connaît la voiture par cœur. 
Je me retrouve donc harnaché dans un environnement extrêmement étroit, casqué, avec les deux boudins noirs des pneus avants en guise de mire. L'idée fugace me traverse l'esprit : qu'ai-je de différent avec le 'bip-bip' attaché par le coyotte à un baril d'explosif ? Vous savez, celui du dessin animé !

Je quitte le paddock et débute sur le circuit par la partie lente. J'essaie d'analyser la situation. Finalement est-ce vraiment différent d'un karting ? La première accélération aurait dû apporter des éléments de réponse, mais sommes-nous vraiment en état d'absorber toutes les informations qui nous tombent dessus ? Le troisième virage, un droit plutôt serré qui conditionne la ligne droite, va vite me ramener à la réalité. Une franche accélération avec encore un peu d'angle dans le volant.. et voilà la monoplace qui valse sur la route et part dans un magistral tête à queue. J'ai fait trois virages... la loose ! 
Objection votre honneur.. les pneus étaient froids ! Oui, mais le pseudo-pilote aurait dû appréhender la chose.. Après tout, mon dernier rallye s'est soldé par un crash pour les mêmes raisons.. mais c'était il y a vingt-cinq ans !

Je repars et me concentre uniquement sur les choses à assimiler. Le fait d'être quasiment assis par terre, l'incroyable puissance du machin qui hurle dans mon dos, et les palettes au volant.. J'avais presque oublié qu'on était déjà sur un joujou de 200 chevaux pour 500 kg qui demande une extrême précision... On n'est plus sur une auto de tourisme, même bien préparée. Les tours s'enchaînent quand même. Bien évidemment, mon inexpérience me pousse à utiliser qu'une infime partie des possibilités de l'auto. Mais pouvais-je rêver de plus ? La direction est d'une précision sans faille. J'ai eu du mal à encaisser les rétrogradages, pourtant automatisés par la palette. Je devais sans doute rétrograder trop tôt, pas assez sur les freins. Car chaque rentrée de vitesse secoue l'auto.. sous la pluie, ça doit être quelque chose pour éviter les blocages de pont. 

Il est temps de rentrer au paddock. Je suis accueilli par Flavien qui me demande comment ça s'est passé. Je ne réponds pas à sa question, toujours en quête de mon souffle,  mais lui assène un amical.. 'respect camarade'. Ce gars roule dans cette auto entre les rails de sécurité, les rochers et les arbres.. Je commence à le voir différemment. 

Une heure plus tard, on monte d'un cran. Il est l'heure de monter dans la Norma M20. Un chouilla plus lourd.. mais avec 80 chevaux de plus. L'auto paraît cependant plus 'accueillante'. Plus de place dans le cockpit (réglementairement, cette auto était censée accueillir un deuxième siège à l'époque) des pneus d'une largeur impressionnante à l'arrière, davantage d'ailerons. Je ne me ferais pas avoir cette fois-ci. Aller molo.. progressivement.. essayer de dompter le bestiau. L'auto me paraît, pour la plage d'utilisation que j'en fais, plus saine, moins joueuse. Mais en est-il autrement s'il fallait aller taquiner le chrono et repousser un peu les limites ? Pas sûr. Car là, on a affaire à un missile sur roues.
Le coup du lance-pierre à chaque accélération. Le corps encaisse à chaque passage de rapports, chaque virage. Quelque chose traverse mon esprit.. mais comment ça doit être dans les autos qui jouent la gagne en Championnat de France ? L'auto que j'ai entre les mains, et pilotée pour l'occasion par Flavien, qui n'est donc pas un demi-sel,  a pris plus de 3"8 au kilomètre sur la dernière course de côte de Marchampt en Beaujolais par les ténors du championnat ! Comment font les Marc Pernot, Fabien Bourgeon ou Maxime Dojat pour faire des pointes à 240 km/h sur des routes bien moins larges que ce circuit, dans des pétards à roulette de 500 chevaux ? Cette fois-ci, je demanderai à ChatGpT...

Mon run est terminé. Je range la Norma. Je suis fourbu et déjà courbaturé. C'est incroyablement physique, ceux autos. 

Bilan : Je suis entièrement satisfait de ma matinée. Une matinée découverte. Pour découvrir.. j'ai découvert !  Découvert aussi que je peux ranger ma combinaison sans remords. Je ne prendrais pas de plaisir à rouler avec ces bolides en courses de côte. Trop violent, trop puissant, trop vite, trop tout. Je vais me résigner à profiter du formidable spectacle sur le bord de la route. Si vous ne connaissez pas, allez voir.. c'est incroyable. 
Le circuit de Pouilly est idéal pour ce genre d'exercice, pour se rendre compte. Aller au-delà, surtout du haut de mes 53 barreaux, ça ne serait pas raisonnable. Avec trente ans de moins, bien sûr...

Je voudrais remercier toute l'équipe du Team Berreur. Cette formule correspond exactement à ce qu'un pékin comme moi recherche. Je vous conseille. Emilie et Olivier sont d'une bienveillance extraordinaire et des vrais passionnés prêts à partager leurs passions. Ils font tout pour que vous passiez une bonne journée dans de très bonnes conditions. Mille merci à eux et à toute l'équipe. 
Image

Image

Image

Image

Image

Image

Re: J'ai testé pour vous.. Le Team Berreur..

Publié : mer. 15 juil. 2026 22:08
par raoul68
Merci pour ce résumé de ton expérience.