dartagnan a écrit : mar. 21 juil. 2026 15:44
C'est un débat intéressant, parce qu'ils sont extrêmement rapides tous les deux, mais ils ne donnent pas la même impression au volant. Et comme souvent en sport auto, on confond facilement "spectaculaire" et "efficace". Les chronos, eux, se moquent complètement de l'esthétique.
Mon analyse serait la suivante :
Marc Pernot
C'est un pilote d'une propreté remarquable.
Il cherche avant tout à préserver la vitesse minimale dans les virages. Les gestes sont réduits au strict nécessaire.
On le voit rarement corriger la voiture. Tout paraît très calme.
Il est aussi très fort pour répéter exactement la même montée, ce qui est une qualité énorme en championnat.
Son pilotage est presque "chirurgical" : il prend ce que la voiture lui donne, sans la brusquer.
Fabien Bourgeon
Il donne une impression beaucoup plus agressive.
Il attaque davantage les freinages et accepte que la voiture bouge.
On le voit parfois avec un peu plus d'angle ou de corrections, ce qui le rend très spectaculaire.
Son Revolt semble souvent être piloté "sur les pneus", avec beaucoup d'engagement.
Quand tout s'aligne, il est capable d'aller chercher des chronos absolument exceptionnels.
Ce qui est intéressant, c'est que leurs confrontations sont souvent infimes. À Marchampt 2026, par exemple, Pernot ne l'emporte que pour 98 millièmes après un week-end où Bourgeon a longtemps semblé tenir la victoire. �
FFSA +1
À mon avis, la vraie différence n'est pas la vitesse pure, mais le pourcentage de risque.
Bourgeon roule souvent à 99,9 % du potentiel. Quand ça passe, il peut battre tout le monde.
Pernot roule peut-être à 99,5 %, mais il est quasiment toujours à ce niveau. Il laisse très peu de place à l'erreur et c'est ce qui fait la différence sur un championnat entier. Ses résultats depuis deux saisons illustrent cette régularité exceptionnelle. �
FFSA +2
Je rajouterais un détail qui est souvent oublié : Fabien Bourgeon est aussi le concepteur de la Revolt. Il développe sa voiture, la fait évoluer et roule avec. Marc Pernot, lui, exploite une Nova-Proto extrêmement aboutie. Concevoir et développer une auto tout en jouant le titre, c'est une charge de travail considérable. Cela rend les performances de Bourgeon encore plus impressionnantes.
En résumé, si je devais les caricaturer :
Pernot : un scalpel.
Bourgeon : un sabre.
Les deux coupent très vite... mais pas de la même manière. Et c'est probablement pour cela que votre débat est animé : selon que l'on admire l'efficacité absolue ou l'engagement visible, on ne désigne pas le même "plus beau" pilote.